Israël-Palestine , une terre deux fois promise

À travers un riche fonds d’archives et les regards croisés d’historiens israéliens et palestiniens, Blanche Finger et William Karel remontent aux racines d’un conflit inextricable. Ce premier volet couvre la période qui va de 1896 (Theodor Herzl publie “L’État des juifs”) à 1948 (Ben Gourion proclame la création de l’État d’Israël).

En 1896, Theodor Herzl, journaliste austro-hongrois inquiet de la montée de l’antisémitisme en Europe, publie L’État des juifs, dans lequel il prône la fondation d’un foyer national juif. La Palestine, destination définitivement élue par le mouvement sioniste en 1905, voit débarquer les premières vagues d’immigrants. Ils fondent les premiers kibboutzim, y cultivent les terres achetées aux Arabes. Initialement paisibles, les relations entre les deux communautés se tendent lorsque les Palestiniens réalisent que leur territoire est en train de leur échapper. Après la Première Guerre mondiale et le démantèlement de l’Empire ottoman, la Palestine passe sous mandat britannique. D’abord encouragée, l’immigration juive est drastiquement freinée après la grande révolte arabe de 1936. Les Britanniques, qui redoutent le ralliement des pays arabes aux puissances de l’Axe, entendent ainsi apaiser la colère des Palestiniens, menés par Amine al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem et président du Haut Comité arabe, aux sympathies pronazies. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que des milliers de rescapés de l’Holocauste cherchent un refuge, les autorités britanniques, campées sur leurs positions, les refoulent, favorisant ainsi la radicalisation des organisations sionistes. Paradoxalement, l’attentat du King David, le quartier général britannique, joue en faveur de ces dernières : le Royaume-Uni s’engage sur la voie du retrait et l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux États en avril 1947. L’Agence juive accepte, les Arabes de Palestine refusent. Dans un contexte de violences extrêmes, Ben Gourion proclame la création de l’État d’Israël le 14 mai 1948. Le lendemain, les pays arabes voisins envahissent l’ancienne Palestine mandataire. Victorieux de ce premier conflit, l’État hébreu s’empare de 26 % de territoires supplémentaires, tandis que 750 000 Arabes palestiniens sont contraints à l’exode.


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